Picala : Au delà des différences … (Art 3)

Cette deuxième semaine à Skoura a été l’occasion d’aller à notre propre rencontre. Nous avons mis à nu nos préjugés et pris conscience du vrai Skoura. La population est très tolérante et très accueillante. L’histoire et l’empreinte religieuse de Skoura contribueraient à expliquer l’étonnante hospitalité des ses habitants. Nos nouvelles rencontres ont alimenté ce sentiment d’être accepté sur le territoire. Notre démarche intéresse mais ne dérange pas.

Certains de nos échanges informels ont porté  sur des tabous voire même sur des interdits : l’argent, la politique, les relations homme/femme. Nous avons perçu comme il est facile de juger mais difficile de comprendre. Nous avons écouté le plus souvent, réagis parfois. Les membres de l’association ASF avec qui nous travaillons ont envie que nous comprenions le marocain rural du sud. Nous avions forcément des images de « faux guides » et de « marchands de tapis ». Ces clichés marginaux s’estompent et laissent place à la réalité qu’aucun touriste ethnocentrique ne pourra jamais entrevoir. Nous avons par exemple visionné ensemble le film documentaire « Où est l’amour dans la palmeraie ? » tourné en 2004 à Skoura. Ils nous ont apporté leur analyse critique.

Notre état lieux exige de l’objectivité. Nous recueillons des données sous plusieurs formes : statistiques et sources officielles, entretiens auprès de la population, monographies, …

Nos entretiens sur le tourisme et ses représentations font déjà émerger des problématiques locales que sont : la sous-exploitation du patrimoine culturel, le manque de soutien financier de l’Etat, le manque de formation parmi la population, la dérive de l’investisseur étranger, la pollution de la palmeraie, la complexité administrative et les problèmes de communication.

Il faut continuer de creuser et aller au-delà des différences culturelles. Nous approche est méthodique et universitaire mais cela n’exclue pas la compréhension de l’autre, tout au contraire. Nos données doivent décrire avec neutralité un espace vécu et partagé. Ainsi, la parole de l’Imam agriculteur, recueillie en arabe, de manière inopinée, au milieu d’un champ de la palmeraie, est précieuse. Elle est authentique.