Picala : Apprendre de nos erreurs (Art 4)

Nous sommes à mi-parcours. Le temps passe vite et nous collectons des informations petit à petit. Nous avons réalisé une réunion avec les autorités locales et les représentants associatifs et touristiques. Cette réunion a été l’occasion de restituer un état des lieux descriptif du territoire et  d’amener nos interlocuteurs à la réflexion sur le développement par le tourisme à Skoura.

Nous avons été confrontés à de l’incompréhension de la part des invités sur la méthode employée. Nous pensions avoir suffisamment expliqué notre démarche. Ce n’était pas le cas ! Nous aurions dû être plus pédagogue, expliquer davantage, malgré les contraintes de temps et d’organisation. Notre positionnement est délicat, nous sommes « stagiaires » et « représentants associatifs ». Néanmoins cette rencontre aura permis d’identifier et de comprendre nos faiblesses et celles des autres. Il faut en tenir compte et avancer.

Nous sommes désormais quatre à composer le comité technique du projet picala. Mohammed, un membre de l’association « Amis Sans Frontières » nous a rejoints naturellement. Cela équilibre la démarche et renforce notre cohésion d’équipe.

Nous poursuivons les rencontres auprès de personnalités locales et d’acteurs touristiques. L’objectif n’est plus de collecter des données « photographiques » du territoire (ce que dit le territoire). Mais, il s’agit de confronter celles-ci, à  l’analyse critique que font nos interlocuteurs de leur espace de vie (ce qui est dit du territoire). Il nous faut faire émerger un diagnostic (ce qu’est le territoire), pour cela nous nous donnons encore une semaine.

Quand on collecte des informations sur un territoire, on est « transparent ». Rien ne nous dérange,  hormis quelques chiffres forts, tel un taux d’analphabétisme ou un taux de chômage.

Analyser est bien différent ! On fait ressortir des problèmes, des failles, des tabous, … Quand on analyse, on risque d’être un « miroir » et de renvoyer nos propres images en les comparants à la réalité locale. Il faut éviter les jugements de valeur et prendre de la distance.

A ce stade, nous avons perçu la nécessité d’axer le projet sur le concept de « développement ». Nous traduisons ce terme part sa définition actuelle, c’est-à-dire le développement durable et solidaire ou le développement soutenable. Et non, par la définition erronée qui nous a trop longtemps été enseignée à tous, et qui est encore trop présente dans la bouche de nos politiques, c‘est-à-dire l’augmentation du taux de croissance ou le développement purement économique.

C’est ainsi, que nous avons visionné ensemble, avec deux autres amis skouris, le film documentaire : « Solutions locales pour un désordre global ». Nous avons aussi rencontré une experte en développement résidant à Skoura.

Le Maroc apparaît aujourd’hui être en première ligne face aux nouveaux enjeux de la mondialisation et du développement. Le projet picala ne peut pas se passer de la prise en compte de cette réalité.