Sidi Flah : un échange sous le signe d’une conviction partagée

A peine arrivés à Skoura, nous convenons d’une rencontre avec deux professeurs de l’école primaire de Sidi Flah, Messieurs Lachkhem et Nassiri, ayant accueilli trois étudiants de l’UCO d’Arradon en novembre dernier. Monsieur Youssef ELBOUHALI, président de l’association Almostaqbal fait la route avec nous pour y participer. Une grève de deux jours dans l’Education nationale ne permet pas de rencontrer les autres enseignants, le directeur et les enfants.

Après une visite des lieux particulièrement bien entretenus et accueillants, nous faisons le bilan de ce 1er stage. Bilan très positif confirmant, d’une part, la grande motivation des trois étudiants, Anaïs, Alexis et Jérôme, leur qualité d’écoute et leur volonté de progresser, et d’autre part, le professionnalisme des professeurs tuteurs, leur souci d’accompagner et de transmettre. En attendant l’accord du directeur pour poursuivre l’expérience avec de futurs étudiants, nous échangeons sur leurs besoins de matériels pédagogiques. Les manuels d’apprentissage du français fournis par le système scolaire marocain sont très ambitieux et peu adaptés aux scolaires du milieu rural. Ils doivent déjà maîtriser le berbère, l’arabe. Il serait intéressant de découvrir en France des manuels d’apprentissage plus simples et de collecter des albums de jeunesse, des supports audio et /ou visuel. Des échanges épistolaires avec des primaires français seraient aussi un bon moyen de motiver les enfants de nos deux pays et de favoriser les échanges culturels. Au Maroc, une opération « je bouquine », en arabe, devant inciter les jeunes ruraux à lire, a été lancée. Toutes les idées sont donc les bienvenues pour motiver, susciter, donner envie…

Les proverbes arabes humanistes peints sur les murs de la petite école, la simplicité, l’authenticité et la richesse de notre échange, la conviction partagée de privilégier à tout prix l’aide aux enfants et aux jeunes étudiants stagiaires pour prendre confiance en eux, se construire,  transforment ce moment en une rencontre pédagogique et culturelle unique où seuls les paysages, le thé et les amandes, nous rappellent que nous sommes à Sidi Flah.

Mais depuis une heure, les frontières ont bel et bien disparu.