ESCAL présent aux « Palabres de la Solidarité » organisés par la CASI Bretagne

De l’aide au développement à la solidarité internationale, diverses facettes de l’engagement militant

Les palabras de la solidarité

Intervention de Michel FAUCON, ancien délégué général du  CRID (Centre de recherche et d’information pour le développement), ancien représentant des ONG françaises auprès des Nations Unies et des Organisations internationales (1991-1997).
Toute aide au développement n’est pas forcément de la solidarité, d’où l’importance de réfléchir au sens de l’engagement. Il ne suffit pas d’aller en Afrique pour dire qu’on fait de la solidarité. On peut faire de la coopération et s’en mettre plein les poches.

 

La solidarité qui nous intéresse est celle qui permet de promouvoir des dynamiques populaires, de permettre aux gens de prendre en charge eux-mêmes leur propre devenir. Si la solidarité se limite à réaliser des écoles, à créer des usines, à apporter du matériel, nous ne sommes pas dans le domaine de la solidarité.
Une dimension n’est pas suffisamment prise en compte. C’est la dimension culturelle. On ne peut concevoir des projets sans mesurer leur impact culturel.
La notion même de développement a été modifiée dans les années 90. Le mot développement portait des valeurs contraires à l’environnement. Ceci a amené à préférer le mot solidarité. Il fallait donc se dédouaner du terme de développement.
La solidarité renvoie à une forme d’interdépendance. Cela amène à repenser les relations entre Nord/sud. L’approfondissement de la notion de solidarité a permis de développer aussi des partenariats.
Cette notion de partenariat introduit la recherche d’une meilleure égalité avec des acteurs qui sont en situation d’inégalité.
La réflexion sur la solidarité a amené à réfléchir sur les types de relation. Au delà du terme de partenariat, on peut privilégier le terme d’allié qui traduit une volonté de changement dans les relations.
Il faut chercher des alliés pour lutter contre l’homogénéisation du développement. Dans le développement, il faut maintenir les particularités. Notre monde a besoin de cette diversité, pour prendre du recul par rapport à nos propres certitudes.
La recherche de partage d’expériences est particulièrement formatrice. Cela permet de comprendre le monde dans lequel on est. Cela ne change pas forcément le monde. Mais c’est formateur, d’avoir une plongée dans la diversité. On a été formé dans des certitudes qu’on a du mal à remettre en cause. Et c’est bien d’avoir des bains dans d’autres eaux pour découvrir les réalités ailleurs.
La solidarité internationale est beaucoup plus exigeante que l’aide au développement, avec des critères d’analyse plus exigeants. Une façon d’analyser une démarche de solidarité réside dans le fait que le processus engagé doit être lui même facteur de solidarité.
La solidarité engendre de la solidarité. il s’agit alors de la mesurer. Avec cette recherche de solidarité qui s’établit dans un espace d’égalité. Tout simplement pour être sur un même pied d’égalité